Les nouvelles conditions d’utilisation de Facebook – censure ou évolution de la plateforme ?
De nouveaux changements sur Facebook.

Dans cet article
La récente affaire Cambridge Analytica, ainsi que les nouvelles règles sur les données personnelles qui entrent en vigueur le 25 mai, ont entraîné de nombreux changements, y compris sur Facebook. Entre autres, de nouvelles conditions d’utilisation, assez controversées, ont été introduites : elles se composent de 22 points détaillés. De nombreux portails et groupes ont réagi immédiatement en se focalisant sur quelques mots que ces conditions interdisent.
Quels mots figurent sur la liste ?
On y trouve effectivement des mots comme :
• « difforme », « sous-développé », « répugnant » ou « laid »
• « attardé », « crétin », « QI faible », « stupide » ou « idiot »
• « traînée », « escroc », « radin », « pique-assiette »
• « Je déteste… »
• « Je n’aime pas… »
• « Les X sont les pires »
• « Horreur »
• « Saleté »
• « Écœurant »
Il faut toutefois noter que ces mots figurent dans la section consacrée à la violence envers autrui, et que c’est uniquement dans ce cadre que Facebook pourra réduire au silence ou bannir un compte pour leur utilisation. Autrement dit, nous ne serons certainement pas bloqués pour une phrase comme « Je n’aime pas le jazz », comme certains l’ont laissé entendre dans leurs articles sur le sujet. La panique est absolument injustifiée, et pour la plupart des utilisateurs, les changements passeront inaperçus.
Qu’est-ce qui reste inchangé ?
Plusieurs points importants des conditions restent inchangés – il est toujours interdit de fournir de fausses informations, de conditionner l’accès à un contenu au fait d’aimer ou de partager une page, de tenir des discours haineux ou de promouvoir la violence et la nudité.
L’algorithme doit lire le contexte
Les nouvelles conditions soulignent toutefois que l’algorithme tiendra compte du contexte, ce dont se plaignaient souvent jusqu’ici les utilisateurs bannis, par exemple, pour avoir employé le mot « pedał » à propos d’un vélo (en polonais, comme « pédale » en français, il désigne à la fois la pièce du vélo et une insulte homophobe).
Même chose pour la nudité : jusqu’ici, les contenus évoquant la sexualité étaient totalement interdits ; désormais, Facebook vérifiera si les contenus publiés, sur lesquels on voit par exemple des tétons féminins, ont une visée éducative (par ex. une campagne de prévention du cancer), montrent l’allaitement ou constituent une forme de protestation – ceux-là seront acceptés.
Il en va de même pour d’autres contenus jusqu’ici interdits : si nous partageons des contenus choquants montrant de la violence ou de l’automutilation avec un commentaire exprimant une ferme opposition, Facebook ne les supprimera pas.
Protection des mineurs et lutte contre les fake news
Le document met aussi l’accent sur une protection particulière des mineurs, destinée à soutenir les enfants, leurs parents et leurs enseignants ; Facebook a créé à cet effet une rubrique dédiée. De plus, il supprimera les photos montrant des enfants nus – même celles publiées par les parents eux-mêmes. Les cas où l’on soupçonnera des abus sexuels sur des enfants seront signalés par la plateforme à l’organisation NCMEC.
Facebook a également mis l’accent sur la lutte contre les fake news – la portée des informations non vérifiées sera limitée au maximum.
Vous trouverez l’intégralité des conditions d’utilisation ici.

